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L’éducation sensuelle pour contrecarrer l’influence du porno chez les jeunes

Je viens de découvrir une très bonne initiative de la part d’un groupe de médecins, sexologues et psychologues européens qui a pour but d’éduquer les jeunes à la sexualité et à l’importance de la sensualité dans les rapports sexuels.

Ils ont produit 7 vidéos éducatifs pour les adolescents, faisant la démonstration que la sexualité passe d’abord par la complicité, la tendresse, le respect de soi et de l’autre. Ces vidéos peuvent être visionnés dès 13-14 ans.

Ce groupe de professionnels a également produit de nombreux clips éducatifs où ils abordent différents sujets qui préoccupent les jeunes, tels que : La séduction, l’amour naissant, la masturbation, ce qu’aiment vraiment les filles, le respect de ses limites et préférences, la peine d’amour…etc

On a besoin de plusieurs autres initiatives comme celle-là pour contrebalancer l’influence de la pornographie dans l’éducation sexuelle de nos jeunes. Elle ne doit plus être la 1ere source d’éducation de nos adolescentes et adolescents.

Le seul bémol de cet outil est lié à la barrière culturelle et linguistique que peuvent ressentir les jeunes.  À quand un projet comme celui là, produit au Québec ? Avons-nous une réelle volonté d’éduquer nos jeunes ? Permettez-moi d’en douter un peu…

Voici le site éducatif pour les adolescents :   www.educationsensuelle.com

Voici le site informatif pour les parents :   www.educationsexuelle.com

Amour, intimité et désir sexuel

Pour certains, l’amour et le désir sexuel sont des parties indissociables d’un ensemble plus vaste, alors que pour d’autres, ils sont irrémédiablement séparés. Cependant, la plupart d’entre nous exprimons notre érotisme dans les zones de flou où l’amour et le désir sexuel sont à la fois liés et en conflit.

Jack Morin

Pas besoin d’éducation sexuelle ?

Cette vidéo est un clin d’oeil pour parler de l’annonce du Gouvernement Charest (juin 2011) quant à la réintroduction des cours d’éducation sexuelle dans les écoles. En effet, cet enseignement a été retiré de nos écoles depuis la réforme. Mais les jeunes d’aujourd’hui en ont-ils vraiment besoin ?

Plus que jamais, et ce, pour trois raisons principales:

  1. Toute la communauté médicale s’entend pour dire que la hausse rapide, constante, voire «épidémique» du nombre de Chlamydia, de gonorrhée et de syphilis chez les jeunes est reliée à la disparition des cours d’éducation sexuelle.
  2. La plupart des parents sont d’accord avec l’éducation sexuelle à l’école et admettent qu’il n’est pas toujours facile d’aborder ces sujets avec leurs enfants. Il est essentiel de permettre aux jeunes de recevoir toute l’information dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas envie de recevoir à la maison.
  3. La troisième raison (et non la moindre), est que nos jeunes font leur éducation sexuelle en copiant ce qu’ils voient dans la pornographie et sur Internet. La pornographie représente, à l’heure actuelle, «le modèle» des conduites sexuelles et des comportements masculins et féminins :
  • Les jeunes garçons croient apprendre à connaître le goût des femmes par ce qu’ils voient dans la pornographie.
  • Les filles ressentent la pression de suivre ce modèle de fille toujours prêtes à tout faire.
  • La sexualité est banalisée. La sexualité de groupe est «in», la sodomie est une pratique courante, il est excitant de recevoir le plaisir de son copain au visage, encourager une fille à faire un striptease dans un party c’est cool …
  • La principale préoccupation des jeunes dans cette sexualité est la performance. Suis-je à la hauteur ? Suis-je comme les autres ? Suis-je normal ? Selon vous, les jeunes filles qui « taillent des pipes » à 11 ans le font-elles vraiment par plaisir ? Des garçons de 16 ans qui achètent du Viagra sur le marché noir pour bander plus fort et plus longtemps, c’est une étape normale dans la découverte du plaisir ?

Dans ma pratique auprès de jeunes adultes, je constate un malheureux retour en force de l’inconfort et de la contrainte dans l’apprentissage sexuel.  Une jeune adulte m’a déjà exprimé combien elle avait peur de perdre son copain parce que pour lui, être avec une blonde bisexuelle est essentiel à sa vie sexuelle… Imaginez la pression qu’elle s’est mise sur les épaules pour être aimée…

Comme la chanson du début du billet le mentionne: est-ce qu’aujourd’hui il suffit de s’aimer, de se faire confiance, de se respecter et d’être complice pour découvrir et partager doucement le plaisir des corps ? Est-ce des valeurs véhiculées dans la porno ? J’en doute. C’est pour toutes ces raisons que les cours d’éducation sexuelle sont si importants. Essentiel pour comprendre la mécanique de la sexualité, mais surtout, pour apprendre aux jeunes comment bâtir des relations égalitaires entre hommes et femmes.

Et les rapports égalitaires, c’est certainement pas dans la porno qu’ils vont l’apprendre….

Référence: Jocelyne Robert. Le sexe en mal d’amour: de la révolution sexuelle à la régression érotique.  Les éditions de l’homme. 2005

Les abus sexuels et le pardon

Lorsque j’accompagne des personnes dans le processus de guérison d’un abus sexuel vécu en enfance, une question vient indubitablement sur la table: le pardon n’est-il pas nécessaire pour guérir des abus ? C’est en effet, ce que prêche notre morale judéo-chrétienne. Pardonner ouvre la porte à la délivrance émotionnelle, à la libération de tous les maux.

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord définir ce que pardonner implique vraiment pour les victimes d’abus sexuels. Je vous présente donc la définition :

  • Pardonner : renoncer à punir une faute, à se venger d’une offense ; avoir de l’indulgence pour excuser ; accepter sans dépit, sans jalousie.
  • Pardonner à quelqu’un : cesser d’entretenir à son égard de la rancune ou de l’hostilité pour ses fautes.

Il y a donc deux éléments importants dans le pardon. Le premier implique un abandon de la colère et du blâme envers l’abuseur ainsi qu’une capacité à excuser le mal qu’il a fait. Le deuxième élément consiste à ne plus rechercher compensation ou réparation pour le mal qui a été fait. Cette compensation peut être entre autres, une poursuite en justice, une reconnaissance de culpabilité par l’abuseur ou une compensation financière.

Il est vrai qu’il faut abandonner un jour ou l’autre le désir d’obtenir quoi que ce soit de la part de l’abuseur. On peut se sentir trappé en recherchant la reconnaissance d’une personne qui ne nous a jamais pris en considération.  Il est important d’en arriver à se centrer sur soi-même et son bien être peut importe ce qu’il advient de ce dernier.

Il est vrai aussi que développer de la compassion pour les autres est un sentiment agréable. On y retrouve un sentiment de liberté. La colère et la rage se dissipent. Mais cet état ne peut se programmer, ni se forcer. Il n’est pas non plus l’objectif final ou ultime d’un processus de guérison. Ce n’est pas tous les survivants d’abus qui arrivent au pardon et à la compassion. Dépendant de l’intensité des abus, ce peut même être inapproprié de le faire.

Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une offense de suggérer à une victime d’abus de pardonner. Cette exigence implique une complète négation de son expérience et de ses sentiments. Cette insinuation est souvent proposée par les proches qui vivent mal avec les conséquences de l’abus sexuel. Ils ont du mal aussi à composer avec les émotions de colère, de rage et de tristesse chez la victime. À titre d’exemple, je me souviens d’une cliente qui recevait des appels de ses frères et soeurs afin qu’elle pardonne les abus de son beau-père ( de 4 à 14 ans ! ) pour enfin avoir la chance de faire une réunion familiale.

Pour réussir son processus de guérison, la seule personne qu’une victime d’abus sexuel doit impérativement pardonner, c’est elle-même. Tout le processus de recouvrance dépend de cette capacité à se pardonner. En effet, la victime doit développer de la compassion envers l’enfant qu’elle était et qui était dans le besoin. Elle doit également pardonner à son corps d’avoir peut-être répondu aux touchers. Elle doit apprendre à valoriser l’enfant qui tentait à sa façon, d’éviter ces abus. La survivante doit non seulement développer de la compassion pour sa vie en tant qu’enfant, mais également pour sa vie en tant qu’adulte.  Une vie adulte teintée par les limites et les difficultés causées par le vécu abusif. Selon moi, il n’y a que cette démarche de pardon qui est essentielle à la guérison. Une fois cette compassion développée, elle peut plus facilement se déployer envers les autres.

Finalement, si le pardon «divin» existe bel et bien, il revient avant tout à Dieu de le donner… pas aux victimes. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Référence: Ellen Bass, Laura Davis. The courage to heal. Harper & Row Publishers New-York. 1988

Les gestionnaires et la gestion des conflits

Lorsque je fais des diagnostics organisationnels ou que je donne des formations à des groupes de gestionnaires, je constate souvent qu’ils sont assez à l’aise de remettre en question leur leadership et leur organisation du travail. Ils se mobilisent aisément pour identifier des solutions et les mettre en application. Toutefois, quand il s’agit d’aborder la qualité du climat de travail et des conflits interpersonnels présents au sein de leur équipe, alors là… les résistances sont importantes.

En voici quelques unes :

  • « C’est pas une garderie ici »
  • « Qu’ils règlent leurs conflits entre eux »
  • « Les milieux de femmes, c’est toujours comme ça, elles bitchent ! »
  • « C’est la faute de l’ancien gestionnaire, il n’a rien fait »
  • « Cela ne changera jamais, ils ne voudront jamais s’impliquer et changer »

Plusieurs gestionnaires appliquent plutôt la technique du «on met ça en dessous du tapis» ou la méthode du «le temps arrange les choses» ou bien »je m’en occuperai quand j’aurai le temps». Malheureusement, ces techniques ont pour effet de favoriser la contamination du climat de travail et sa détérioration. Cela finit par coûter cher aux organisations. En effet, les conflits non gérés entraînent beaucoup de perte de temps en milieu de travail. Les employés sont plus préoccupés par le «téléroman organisationnel» qui se joue devant eux que sur leur performance au travail. Les conflits entraînent aussi une perte d’expertise. Plusieurs employés décident de quitter leur poste ou même l’entreprise pour ne plus subir le poids d’un climat de travail malsain. Et c’est sans compter les employés qui quittent pour des problèmes de santé mentale causés ou accentués par les tensions vécues au travail.

Le climat de travail correspond au cœur d’une organisation puisqu’on y retrouve toute la dimension émotive et affective de la vie au travail. Une machine bien huilée reproduit sans cesse le même résultat avec la même qualité. L’être humain, par contre, produit des résultats en accord avec son état d’esprit du moment : le climat a donc un impact sur la performance.

Il ne faut pas penser que les gestionnaires se comportent ainsi par mauvaise foi ou par manque de sensibilité pour leurs employés. Les gestionnaires agissent ainsi parce qu’ils ressentent une grande impuissance dans la gestion des conflits. Plusieurs manquent d’expertise et doutent de leur compétence. Ils ont peur de l’échec.

Évidemment, développer une expertise pour résoudre les confits ne se fait pas sans bévues. Les erreurs les plus courantes chez les gestionnaires sont de trop se centrer sur le contenu du conflit et de ne pas tenir suffisamment compte du vécu émotionnel des employés en conflit. Tout comme en thérapie conjugale, les employés ont besoin d’apprendre à faire confiance au processus de résolution du conflit.  Ils ont besoin de pouvoir exprimer leurs blessures ou malaises dans le processus tout en se sentant compris. L’engagement dans un changement peut se réaliser lorsque toutes ces conditions sont réunies.

Dites-vous bien que le conflit est comparable à un virus. S’il n’est pas traité convenablement, il peut prendre des proportions épidémiques (contamination). La meilleure stratégie consiste à enrayer les tensions interpersonnelles dès leur apparition. Comme gestionnaire, il est important de mettre en place un mode de règlement des différends. Si vous êtes gestionnaire et avez des tensions au sein de votre équipe, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide  professionnelle pour du coaching ou pour procéder efficacement avec vous, à la résolution des conflits.

http://www.mariejoseedrouin.com/Gestion_de_comflits_entreprise.html

La force mouvante de l’amour

Quand on aime quelqu’un, on ne l’aime pas tout le temps de la même manière et sans interruption. C’est impossible et c’est même un mensonge de le prétendre.

Pourtant, c’est ce que la plupart d’entre nous exigent. Nous faisons bien peu confiance au flux et reflux de la vie, de l’amour, de l’amitié. Nous ne voudrions que des moments de plénitude. La stagnation nous terrorise parce que nous craignons que les moments d’apogée ne reviennent jamais.

Nous ne parlons que de permanence, de durée, de continuité alors que la seule continuité possible dans la vie, dans l’amour, c’est l’évolution, la fluidité, la liberté.

La sécurité authentique ne se trouve ni dans la possession, pas même dans l’espoir. En amour, la sécurité ne consiste pas à se souvenir des moments passés ou à se demander de quoi sera fait l’avenir.

Notre seul terrain stable, c’est le présent. C’est pourquoi nous devons le vivre et l’accepter tel qu’il est maintenant.

Anne Morrow Lindberg

Le sexe et l’entreprise parentale

Quel beau projet d’amour pour un couple que d’avoir un enfant et de construire une famille. Mais combien ce projet provoque l’effet d’un cataclysme dans la vie des couples ! En effet, l’arrivée d’un enfant amène de nombreux changements ainsi que de nombreux défis.  Nos responsabilités se multiplient alors que notre liberté elle, rétrécie. Nos priorités se modifient presque radicalement. C’est le changement à grande échelle: notre perception de nous-même change, nos relations avec les autres changent, notre corps se transforme, notre rapport au temps se modifie, nos vies professionnelles changent et c’est sans parler de la grosseur de notre portefeuille. L’arrivée d’un bébé est un véritable bouleversement psychologique.

En déployant beaucoup d’énergie et de ressources,  les couples parviennent à s’adapter et à se réorganiser dans cette nouvelle vie. Ils peuvent alors se recentrer peu à peu sur eux-mêmes. Ils recommencent à dormir, faire de l’activité physique, voir des amis… Ils reconnectent aussi petit à petit avec leur vie de couple et leur vie érotique.  Ils renouent avec le désir. Avant d’être parents, nous étions amants !

Malheureusement, plusieurs couples ont du mal à se retrouver après la naissance de leur enfant. Ils s’éloignent  lentement et s’isolent dans leur rôle de parents. L’efficacité et la productivité deviennent les valeurs importantes dans la vie familiale. On fixe sans cesse des priorités, on hiérarchise les choses à faire, les cruciales jusqu’aux moins importantes. Malheureusement, le sexe se retrouve bien souvent au bas de la liste, pour ne pas dire, relayé aux oubliettes.  Pourquoi le fait de devenir parent provoque la mort de la vie érotique des parents ? Qu’est-ce qui fait que l’élu(e) de votre coeur préfère la vaisselle à un moment de plaisir et de détente avec vous ? Y a-t-il d’autres enjeux que le temps et la surcharge de tâches qui expliquent cet abandon ou ce renoncement ?

Le premier enjeu est que la vie de famille a besoin de confort, de routine et de stabilité pour s’épanouir. Lorsque nous devenons parents, nous abandonnons tous les activités ou les intérêts que nous jugeons plus frivoles ou irresponsables. On abandonne la moto, le parachute, les sorties dans les clubs ou les sorties à l’improviste. Nous devenons sérieux. Malheureusement, le désir quant à lui, suffoque et s’ennuie dans cette atmosphère.

Un deuxième élément de réponse réside dans notre nouvelle façon de voir la vie avec les enfants. Depuis une bonne vingtaine d’années, nous avons tendance à vivre selon la doctrine «du bonheur des enfants avant tout». L’enfance est aujourd’hui  quasiment «sacralisée». Je vois beaucoup d’anxiété de performance chez les nouveaux parents face à ces nouvelles valeurs. Plusieurs font ce que j’appelle du «zèle parental». Ils désirent être des parents parfaits, c’est-à-dire le meilleur professeur, éducateur, stimulateur, psychologue, nutritionniste et j’en oublie certainement d’autres. Les parents d’aujourd’hui font tout en leur possible pour favoriser un développement parfait et sans blessures à leurs enfants. Ils sont devenus «le sens» à nos vies. Les parents deviennent alors tellement absorbés par leur rôle qu’ils ont du mal à s’en dégager lorsqu’ils en ont l’opportunité. Certaines femmes en particulier se donnent tellement dans leur rôle de mère qu’elles n’ont plus rien à donner pour leur conjoint le soir. Elles désirent s’appartenir pour un moment.

Il y a un autre phénomène (plus féminin celui-là) qui se produit en investissant autant les enfants. Le désir est réorienté vers eux. Le plaisir se trouve maintenant dans l’organisation de la fête d’enfant, dans l’apprentissage du massage des pieds ou dans la sortie au zoo pour stimuler bébé. Toute l’énergie créatrice et la vitalité nécessaires au désir et à l’érotisme sont orientées vers l’enfant. Il y a une certaine substitution. De plus, les contacts physiques d’une mère avec son enfant est source d’une multitude d’expériences sensuelles. Une mère peut éprouver un plaisir physique et émotionnel intense lorsqu’elle caresse la peau de son enfant, qu’elle le berce ou qu’elle l’endort contre elle. C’est un sentiment de fusion délicieux. Une cliente me faisait encore la réflexion hier : «Mon enfant me comble tellement… Je ne ressens plus le besoin de me blottir contre mon copain ». Les enfants ont droit à des étreintes pleines d’affection, il reste aux adultes les baisers rapides, sans grande conviction.

Finalement, il y a un autre phénomène courant (mais dont on parle moins) qui peut expliquer la mort de la vie sexuelle avec l’arrivée d’un enfant. Certains hommes peuvent avoir du mal à érotiser leur conjointe maintenant devenue mère. Certains s’éloignent même dès les premiers mois de grossesse. Les hommes expriment souvent une incapacité à  désirer leur femme comme ils le faisaient avant la naissance de leur trésor. Ils ont du mal à exprimer un désir plus «primitif» à la mère de leur enfant, à qui ils doivent amour et respect. «Je ne peux plus désirer ma femme de façon sauvage et passionnée. Je ne peux plus la posséder comme avant».

Il est possible de surmonter ces obstacles au désir. Pour y parvenir, il faut le valoriser, lui donner son importance. Il faut aussi se responsabiliser et agir lorsqu’on sent le désir se fatiguer. Je dis souvent aux hommes qu’il faut plutôt cultiver le désir chez leur conjointe plutôt que de simplement le surveiller. Les femmes quant à elles, doivent cesser de renoncer à leur vie de femme et d’amante en pensant être de meilleures mères de cette façon.  Reconquérir le plaisir est possible si on y met de l’intention.

référence: Esther Perel. L’intelligence érotique, faire vivre le désir dans le couple. Editions Laffont. 2006

Le désir sexuel et le mythe de la spontanéité

Quand je discute de sexualité avec les couples qui me consultent, la perception qu’ils en ont est qu’elle se doit d’être facile, sans tensions et sans inhibitions. Les couples mentionnent systématiquement l’importance de la spontanéité dans leur vie sexuelle. Celle-ci implique une sexualité torride, qui se vit sur l’impulsion du moment. Pour plusieurs, cette passion du «je ne peux y résister, ici maintenant» est un idéal qu’ils recherchent à tout prix.  Pour ces couples, préméditer et planifier le sexe a quelque chose de louche ou de négatif. Ils préfèrent la croyance que le désir sexuel est le résultat d’une chimie des corps ou de la magie.

Lorsque mes clients décrivent avec mélancolie l’époque où leur désir s’enflammait en un rien de temps, je leur explique que la spontanéité «des débuts» est un mythe.  Ce qui semble spontané aux couples, a en fait demandé des heures ou des jours de préparation. Planifier la sortie avec son élu(e), choisir sa tenue, la musique d’ambiance, le restaurant… Toute cette créativité, ce désir de surprendre l’autre et de le séduire; toute cette mise en scène participe activement à la montée du désir sexuel. Il y a donc planification.

Dans une relation à long terme, ce qui devrait arriver tout seul, n’arrive pas ! Le sexe se prévoit. Mais, qu’est-ce que le mot planification signifie ?

Il signifie de mettre de l’intention. Je ne veux pas dire d’inscrire à l’horaire de votre agenda une séance de sexe ou de l’inscrire sur votre liste comme une tâche à faire dans la journée. Mettre de l’intention veut dire : faire une place à l’érotisme dans votre vie à deux. Pour y parvenir, vous avez besoin de prendre le temps. Comme lorsque vous désirez faire plaisir à votre conjoint(e) et lui faire un bon repas. Vous prenez le temps de choisir ce que vous allez préparer, d’aller chercher vos légumes frais, la viande chez le boucher, une bonne bouteille de vin qui s’agence bien avec votre plat. Toutes ces attentions, cette intention, c’est ce qui fait que votre souper sera réussi. La vie sexuelle a besoin de cette même planification.

Plusieurs me disent que cela n’est pas naturel de faire la même chose avec la sexualité. Ils mentionnent même que c’est laborieux pour eux de le faire. Comme si la  séduction était réservée uniquement aux couples qui apprennent à se connaître !  Si vous désirez une sexualité excitante, vous devez apprendre par moments à considérer votre conjoint(e) comme un agréable met à déguster ! Il est tout à fait normal que votre partenaire ne soit pas tout le temps dans les mêmes dispositions que vous. Il faut prendre le temps de l’aider à vous rejoindre en lui donnant un peu plus d’attention et d’affection. Croire à une sexualité spontanée dans la vie de couple a l’effet pervers (excusez le jeu de mot !) de vous déresponsabiliser face à votre désir et votre vie érotique.

Organiser et planifier des soirées intimes à l’avance peut également générer de l’attente. C’est un élément important dans le désir. Dans l’attente, on laisse notre imaginaire faire son oeuvre, on espère aussi. Cette attente peut devenir un langoureux préliminaire.  Fiez-vous sur moi, le« cadre de porte de chambre à coucher magique» qui stimule le désir n’existe pas encore sur le marché. Pour passer un beau moment au lit, cela nécessite en général un peu plus de temps et d’énergie que 15 minutes après les nouvelles de Céline Galipeau !

référence: Esther Perel. L’intelligence érotique, faire vivre le désir dans le couple. Editions Laffont. 2006

Une vidéo à voir contre l’homophobie et le harcèlement

Stand Up! – Don’t Stand for Homophobic Bullying

Le harcèlement se nourrit de bien des maux: la jalousie et l’envie, la rivalité,  la peur de perdre ou de se faire dépasser, l’abus de pouvoir et de contrôle. Mais par rapport à l’homosexualité, il se nourrit avant tout du refus de la différence.

L’attirance sexuelle au travail

Actuellement,  pas moins du tiers des couples se crée sur les lieux du travail. Alors qu’auparavant on rencontrait notre communauté et notre âme soeur sur le «perron de l’église», les milieux de travail sont devenus des lieux particulièrement propices à l’éclosion de relations amoureuses ou de relations passagères. Comment expliquer cette réalité ?

Nous passons aujourd’hui beaucoup de temps sur les lieux du travail.  Il n’est pas rare que nous passions plus de temps en compagnie d’un(e) collègue, qu’en compagnie de notre propre famille. Cette proximité favorise le développement de l’attirance sexuelle.

Le partage d’intérêts communs peut également expliquer le développement de cette attirance. En effet, les entreprises d’aujourd’hui utilisent des techniques dans la sélection de leur personnel afin d’embaucher des candidats ayant des caractéristiques précises. Ils recherchent des employés qui possèdent un certain schème de valeurs et une certaine éthique de travail. Les employés se ressemblent davantage qu’auparavant. Dans ce contexte, il est tout à fait compréhensible de développer une attirance pour un(e) collègue lorsqu’il(elle) partage les mêmes passions, les mêmes intérêts ainsi que les même valeurs. Se retrouver jour après jour avec quelqu’un qui est sur la même longueur d’onde, cela peut devenir difficile d’y résister.

Finalement,  partager des objectifs communs et tenter de se dépasser dans un travail d’équipe stimulent l’affiliation. Sentir qu’on fait partie d’un tout, estimer le travail et les compétences de l’autre, recevoir de la reconnaissance pour nos propres compétences et actions, tous ces sentiments donnent envie de se rapprocher. Se sentir compris et apprécié peut éveiller l’attirance sexuelle. Si en plus, on associe ces bons sentiments avec l’érotisation de l’interdit, le désir risque d’être à son comble.  Désirer se rapprocher de l’autre tout en évitant de se faire repérer, cela peut devenir un jeu délicieux !

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Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute depuis 15 ans. En plus de faire de la thérapie individuelle et de couple, j'anime des formations en entreprise sur le savoir-être et la santé mentale. Je réalise également des gestions de conflits en milieu de travail.

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