Lorsque je fais des diagnostics organisationnels ou que je donne des formations à des groupes de gestionnaires, je constate souvent qu’ils sont assez à l’aise de remettre en question leur leadership et leur organisation du travail. Ils se mobilisent aisément pour identifier des solutions et les mettre en application. Toutefois, quand il s’agit d’aborder la qualité du climat de travail et des conflits interpersonnels présents au sein de leur équipe, alors là… les résistances sont importantes.
En voici quelques unes :
- « C’est pas une garderie ici »
- « Qu’ils règlent leurs conflits entre eux »
- « Les milieux de femmes, c’est toujours comme ça, elles bitchent ! »
- « C’est la faute de l’ancien gestionnaire, il n’a rien fait »
- « Cela ne changera jamais, ils ne voudront jamais s’impliquer et changer »
Plusieurs gestionnaires appliquent plutôt la technique du «on met ça en dessous du tapis» ou la méthode du «le temps arrange les choses» ou bien »je m’en occuperai quand j’aurai le temps». Malheureusement, ces techniques ont pour effet de favoriser la contamination du climat de travail et sa détérioration. Cela finit par coûter cher aux organisations. En effet, les conflits non gérés entraînent beaucoup de perte de temps en milieu de travail. Les employés sont plus préoccupés par le «téléroman organisationnel» qui se joue devant eux que sur leur performance au travail. Les conflits entraînent aussi une perte d’expertise. Plusieurs employés décident de quitter leur poste ou même l’entreprise pour ne plus subir le poids d’un climat de travail malsain. Et c’est sans compter les employés qui quittent pour des problèmes de santé mentale causés ou accentués par les tensions vécues au travail.
Le climat de travail correspond au cœur d’une organisation puisqu’on y retrouve toute la dimension émotive et affective de la vie au travail. Une machine bien huilée reproduit sans cesse le même résultat avec la même qualité. L’être humain, par contre, produit des résultats en accord avec son état d’esprit du moment : le climat a donc un impact sur la performance.
Il ne faut pas penser que les gestionnaires se comportent ainsi par mauvaise foi ou par manque de sensibilité pour leurs employés. Les gestionnaires agissent ainsi parce qu’ils ressentent une grande impuissance dans la gestion des conflits. Plusieurs manquent d’expertise et doutent de leur compétence. Ils ont peur de l’échec.
Évidemment, développer une expertise pour résoudre les confits ne se fait pas sans bévues. Les erreurs les plus courantes chez les gestionnaires sont de trop se centrer sur le contenu du conflit et de ne pas tenir suffisamment compte du vécu émotionnel des employés en conflit. Tout comme en thérapie conjugale, les employés ont besoin d’apprendre à faire confiance au processus de résolution du conflit. Ils ont besoin de pouvoir exprimer leurs blessures ou malaises dans le processus tout en se sentant compris. L’engagement dans un changement peut se réaliser lorsque toutes ces conditions sont réunies.
Dites-vous bien que le conflit est comparable à un virus. S’il n’est pas traité convenablement, il peut prendre des proportions épidémiques (contamination). La meilleure stratégie consiste à enrayer les tensions interpersonnelles dès leur apparition. Comme gestionnaire, il est important de mettre en place un mode de règlement des différends. Si vous êtes gestionnaire et avez des tensions au sein de votre équipe, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide professionnelle pour du coaching ou pour procéder efficacement avec vous, à la résolution des conflits.
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