Archive for the 'Éducation sexuelle' Category

Comment faire pour qu’il ou qu’elle craque et en redemande? Maîtrisez d’abord… le baiser

Le baiser est une étape très importante dans un début de relation. Il représente une des premières étapes de la rencontre sensuelle entre deux êtres. Non seulement il permet de témoigner à l’autre toute notre tendresse, mais il constitue également un ingrédient essentiel aux préliminaires amoureux.

Mais comment devenir maître du baiser ?

Bien embrasser est un art qui s’apprend. Ce qui est important avant tout, c’est d’y mettre son coeur, quelle que soit la technique utilisée. Bien qu’il existe plusieurs formes de baisers, nous parlerons un peu plus ici du fameux «french kiss»,  baiser qui implique l’utilisation de la langue.

Nombreuses sont les anecdotes de «FAIL» qui me sont racontées par des adolescents(es) : Le déplaisir d’avoir une langue trop profondément insérée au fond de la bouche, un excès de bave qui rend l’expérience aussi plaisante qu’embrasser un boeuf, ou une bouche ouverte tellement grande que «je croyais qu’elle allait m’avaler!».

Pour maîtriser l’art du baiser, il faut le voir comme une façon d’apprivoiser l’autre, une façon de pouvoir entrer peu à peu dans son univers. Il ne faut pas y entrer à grands pas. Après une série de petits baisers sur les lèvres, l’un des partenaires entrouvrira sa bouche et naturellement, l’autre le suivra. Commence alors la rencontre sensuelle, douce, humide, entre deux langues qui chercheront tout d’abord à se connaître, pour ensuite entrer en mouvement. Plusieurs préfèrent les mouvements subtils de va et vient au manège en boucle à vitesse grand V. Prenez votre temps, plus les mouvements seront langoureux, plus le baiser sera agréable. Laissez vous guider par votre envie et surtout par celle de l’autre. Soyez à son écoute car le secret d’un baiser réussi est la capacité de s’accorder au rythme et aux sentiments de l’autre.  

Pour renchérir sur mon exposé, je vous partage une vidéo éducative du site www.educationsensuelle.com qui explique avec démonstration à l’appui, comment faire un baiser sensuel dont votre partenaire se souviendra! Allez-y, prenez des notes!

Bons baisers!

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«Je vous en supplie, ne m’oubliez pas!» Signé: le clitoris

Contrairement à tout ce que les films porno démontrent, l’organe de prédilection du plaisir chez la femme n’est pas le vagin, mais le clitoris. Il est le seul organe de l’anatomie féminine dont l’unique fonction est le plaisir. Sa taille et sa forme sont variables d’une femme à l’autre et s’il est bien stimulé, il peut conduire la femme à l’orgasme. Donc, les vidéos où les gars martèlent les filles répétitivement et parfois tellement rapidement… Ils ne représentent pas ce que les filles aiment ni ce qu’elles ont besoin pour avoir du plaisir !

Anatomie du clitoris

s1303i1Le clitoris est beaucoup moins visible que le pénis. Il est nécessaire d’écarter les petites lèvres pour le découvrir sous son capuchon (ou prépuce). Il est semblable au pénis puisqu’il se gorge de sang pour entrer en érection lorsque la fille est excitée.

En érection, sa longueur peut atteindre jusqu’à 3 cm alors qu’il mesure en moyenne 2,5 cm de long et 0,6 cm de diamètre à l’état de repos.

Sachez qu’il y a autant de terminaisons nerveuses (capteurs de plaisir) dans un clitoris que sur un pénis tout entier! Il est donc très sensible au toucher. Il peut arriver que certaines filles aient du mal à supporter un contact direct sur celui-ci. Elles peuvent préférer des caresses manuelles au travers du capuchon du clitoris, c’est beaucoup moins direct. Chaque fille est différente et ce que l’une peut aimer en matière de caresses clitoridiennes ne plaira pas forcement à une autre. La solution pour tout cela est de lui demander tout simplement ce qu’elle préfère !

N.B. Pour ceux qui maîtrise l’anglais, ma sexologue en devenir préférée vous expliquera tout cela bien mieux que moi dans la vidéo suivante:

La déroute des féministes

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Comme vous le savez certainement, les réseaux sociaux parlent depuis quelques jours de «la fameuse pub sexiste de la SAQ» et des collants qui y ont été apposés par un groupe de féministes la dénonçant.

J’inviterais les féministes à réviser leur choix de bataille. Dénoncer une pub que je trouve assez jolie et à propos avec l’hiver que l’on vient de traverser, me semble complètement «à côté de la plaque».

Je proposerais plutôt aux féministes de regarder dans les magazines d’aujourd’hui, les publicités de produits de beauté,  de jeans ou de bière ou de regarder quelques videoclips… Vous y trouverez suffisamment de matériel où l’on réduit la femme à un objet de désir, un objet de consommation. De l’hypersexualisation à son «meilleur».

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J’inviterais plutôt les féministes d’aujourd’hui ainsi que toutes les femmes, à dénoncer la culture pornographique qui s’immisce, sournoisement et sûrement, dans toute les sphères de notre vie.  Non seulement la pornographie est partout, mais elle est banalisée en plus. Elle transforme peu à peu le rapport égalitaire que nous avons ont tant travaillé à obtenir.

J’observe semaine après semaine les impacts de cette pornographisation des codes sociaux auprès de ma jeune clientèle féminine. Je suis désolée de constater  la misère sexuelle de plusieurs jeunes femmes qui s’exigent aujourd’hui de plaire à leurs hommes au prix de leur propre plaisir… Aujourd’hui, les jeunes femmes sont au prise avec le dictat de «soit sexy, fais bander et tu existeras». Je suis souvent troublée d’entendre certaines jeunes femmes me dirent qu’elles ont peu de désir, sont incapables d’orgasme, mais pratiquent les relations anales. Ou celles qui se sentent obligées de faire l’amour à une femme avec leur copain pour s’assurer l’amour de ce dernier…

La culture du viol chez les jeunes hommes constitue aussi une des conséquences de l’omniprésence de la pornographie et de sa banalisation. Nos jeunes construisent actuellement leur fantasmatique en ayant accès à des scénarios dangereux et dégradants pour les femmes, où l’homme décide et la femme se soumet. Non seulement la femme se soumet-elle à toutes sortes de violences, mais elle les savoure et en redemande! Comment voulez-vous que les jeunes hommes en plein développement, en pleine recherche identitaire sur «c’est quoi un homme, un vrai» soient capables de faire la part des choses…

Alors à tous les dénonciateurs de la pub SAQ dont Québec Solidaire… Petit conseil…Branchez-vous sur le net un peu pour voir…Et dénoncez donc auprès du gouvernement l’absence de cours d’éducation sexuelle auprès de nos adultes en devenir. Peut-être aurons-nous la chance de permettre à ces jeunes de développer un regard critique sur toute cette merde qu’on leur vend et dont on veut les rendre dépendants!

La prochaine Docteur Ruth !

Je suis complètement émerveillée par cette jeune «Lacigreen» qui parle ouvertement et brillamment de sexualité. Elle est vive, intelligente! Dommage que ses capsules ne soient qu’en anglais. Je vous invite à écouter son point de vue sur la porno et sur le fameux (BOF…) livre:  les 50 nuances de Grey

«The Sessions» : La personne avec un handicap peut-elle avoir droit à une santé sexuelle?

L’arrivée prochaine du film «The sessions» sur les écrans américains (19 octobre 2012) risque de faire couler beaucoup d’encre. En effet, ce film aborde un sujet encore tabou aujourd’hui; le droit à la sexualité chez la personne en situation de handicap. Le film risque également d’échauffer les esprits et de faire du bruit puisqu’il aborde une pratique encore méconnue et non acceptée au Québec,  les «sex surrogates» ou les services d’assistance sexuelle.

Pour vous mettre dans le contexte, je joins la bande annonce anglaise du film (je n’ai malheureusement pas trouvé la version française). Il s’agit d’une histoire vécue (mais romancée) d’un homme lourdement handicapé qui désire perdre sa virginité. Pour y parvenir, il est accompagné par un prêtre et d’une thérapeute en assistance sexuelle ou communément appelé «sex surrogate». Cette «sex surrogate» incarnée par Helen Hunt est très connue aux États-Unis et se nomme Cheryl Cohen.

Oui oui, je vous entends penser! Le film risque d’éveiller d’autres débats…. Celui du rôle de l’église dans ce genre de situation. Mais si vous me le permettez, je m’abstiendrai d’en parler dans cet article.

Revenons à nos moutons… Les personnes avec de lourds handicaps et leur droit à une santé sexuelle…

Nous avons trop longtemps perçu les personnes avec des handicaps au travers de carcans très réducteurs. Auparavant, ils étaient perçus comme des bêtes ou des monstres éveillant la répulsion. De nos jours, nous avons tendance à les percevoir davantage comme des anges… des anges asexués, dépourvus de besoins affectifs et sexuels.

Vivre dans un corps lourdement handicapé implique bien souvent de se vivre comme un objet de soins plutôt que comme un sujet à part entière: «je ne suis qu’un handicapé». Plusieurs personnes vivant avec un handicap apprennent malheureusement à désincarner leur corps pour parvenir à supporter les soins qui leur sont prodigués. Ils abandonnent toute pudeur, se retrouvant fréquemment nus devant de nouveaux aidants dont ils ne connaissent parfois même pas le prénom.  Ils sont complètement coupés de leur corporalité. N’auraient-ils pas droit de prendre pleinement conscience de leur être et de leur valeur, de redécouvrir leur corps, connaître les plaisirs du corps plutôt que sa partie souffrante et aliénante? Pourquoi stigmatiserait-on les personnes qui expriment un tel besoin?

Le métier d’assistant sexuel est une forme d’accompagnement spécifique qui consiste à raviver le plaisir sensuel, érotique ou sexuel chez les adultes en situation de handicap qui en éprouvent le besoin. Cet accompagnement à la vie affective et sexuelle est apparu aux Pays-Bas en 1980, depuis il a été reconnu au Danemark, en Allemagne et en Suisse. Ce service n’existe pas à ma connaissance au Canada. Les personnes  handicapées doivent s’adresser aux prostitué(e)s pour satisfaire leurs besoins.

L’accompagnement sexuel vise une découverte ainsi qu’un éveil à la sensualité par le toucher, les caresses, les contacts corps à corps, avec ou sans génitalité. Ces caresses ou massages sont offerts avec une écoute et une attention constante de l’autre. L’empathie et le respect sont des valeurs essentielles au service. Il faut comprendre que parler de son propre corps, de son rapport à l’intimité et à la sexualité n’est pas chose facile. Cela l’est encore moins pour une personne que l’on considère «différente». Il existe donc une formation sérieuse «d’assistant sexuel pour personnes handicapées» au Pays-bas, au Danemark, en Allemagne et maintenant en Suisse.

De plus, l’utilisation de services en assistance sexuelle se fait également en Israël ainsi que dans quelques villes des États Unis dans le cadre de certaines sexothérapies. Il n’est donc pas réservé uniquement aux personnes souffrant d’handicaps moteurs ou autres. Ce type de service de relation d’aide «pratico-pratique» est utilisé fréquemment par des hommes adultes n’ayant pas eu de relations sexuelles jusqu’alors à cause de troubles anxieux, voire phobiques associés à l’intimité physique et sexuelle. Les thérapeutes en assistance sexuelle travaillent alors en collaboration avec un professionnel (psychiatres, sexologues, psychologues, …) qui supervisent l’ensemble du traitement. Ce service coûte au bas mot entre 2 000 et 3000$ aux États-Unis.

Je ne comprends pas pour quelles raisons nous sommes si peu avancés dans nos réflexions ainsi que nos actions au Québec par rapport aux droits à la santé sexuelle des personnes avec handicaps. Jouer à l’autruche quant à l’existence de ce type de besoin est rétrograde. Surtout dans une société libérale où la place publique est imprégnée de sexe, de suggestivité et d’érotisme. Vous les croyez aveugles et insensibles? De plus, comme sexologue clinicienne, quitte à recevoir de nombreuses tomates en plein visage de la part de mes collègues, je dois admettre que ce type de services m’aurait été utile (d’autant plus pour mes clients!!!) à quelques occasions au cours de mes 16 années de pratique. Je comprends très bien qu’il y a des considérations éthiques ainsi que des limites claires à instaurer dans le rôle de ce type d’aidant, mais le défi me semble surmontable.

Je vous invite fortement à vous rendre sur ce blog afin de pouvoir visionner le documentaire de Jean-Michel Carré : Amour, sexe et handicaphttp://www.claudebee.com/sexualitehandicap5.html Il nous aide à comprendre les besoins affectifs et sexuels des personnes vivant avec un handicap. Il démystifie de belle façon le rôle de l’assistance sexuelle. Si vous désirez en savoir plus sur le métier de Sex surrogate, Il existe également un bon documentaire américain datant de 1986 : Private practices: The story of a sex surrogate. 

Bon visionnement!

Le Kamasutra chez les aînés

Charmante publicité qui circule en ce moment pour informer les aînés de l’augmentation de la propagation des ITS depuis quelques années dans leur groupe d’âge. Malheureusement, cette publicité choque certaines personnes. La raison est bien simple, le mythe comme quoi les personnes âgées n’ont plus de sexualité est encore bien présent dans les mentalités!

Pour ma part, je trouve cette publicité très amusante et éclairante. Le message est clair et efficace.

À vous de juger !

Les professionnels de la santé à l’origine de cette publicité ont également un site internet pour les aînés (qui le font encore/still doing it !!!!!)  et qui désirent obtenir de l’information pertinente.  safersex4seniors.org

L’herpès génital, le «petit bobo» à grand impact

Julie, 23 ans, arrive dans mon bureau suite au diagnostic de l’herpès génital de type 1. Elle vit beaucoup d’anxiété, de tristesse et d’incompréhension par rapport à la maladie. Elle a de bonnes raisons d’être confuse puisqu’elle l’a attrapé de son copain qui n’avait aucune idée qu’il avait ce virus. Il n’a jamais eu de feux sauvages de sa vie, ni de boutons aux organes génitaux. Il est donc porteur du virus, mais asymptomatique.

Julie a vu 2 médecins ainsi qu’une psychologue depuis son diagnostic, il y a une semaine. C’est pour vous dire comment ce virus «innofensif» entraîne de gros bouleversements pour la personne qui l’attrape.  Elle a reçu de l’information technique (quoi que confuse), mais se trouve toujours aux prises avec une détresse émotionnelle qui l’affecte dans sa vie personnelle et amoureuse.

L’annonce du diagnostic de l’herpès génital entraîne une panoplie d’émotions telles que la tristesse, la honte, la colère, une diminution de l’estime de soi ainsi qu’une image corporelle négative. Plusieurs en viennent à éprouver du dégoût pour les contacts sexuels par peur de la transmission. Combien de fois ai-je entendu ces affirmations: «Je me sens comme une lépreuse» ou «Je me sens comme un gros bouton»… La personne en vient parfois à penser qu’elle est l’herpès génital.

Il est tout à fait normal de ressentir toutes ces émotions lorsqu’on apprend un tel diagnostic. Malheureusement, l’attitude de certains médecins est déplorable. Ils ont tendance à banaliser la situation étant donné l’aspect «inoffensif» du virus. Non seulement, les médecins ne tiennent pas compte du vécu émotionnel du patient, mais omettent certaines informations nécessaires pour prévenir la transmission du virus.

De plus, certains professionnels de la santé connaissent très peu cette affection et peuvent ajouter à la détresse des personnes qui apprennent à vivre avec le virus. Julie s’est fait dire par la psychologue qu’elle a rencontrée avant moi:  «Tu pourras toujours rencontrer un homme qui a la même affection que toi le jour où tu te retrouveras célibataire…». Comme si les gens aux prises avec l’herpès génital étaient voués à s’isoler entre eux. Plusieurs professionnels provoquent encore aujourd’hui, la stigmatisation des gens qui en souffrent. Dites vous bien que n’importe qui peut attraper l’herpès génital. Je me souviens d’une jeune femme venue me consulter après l’avoir attrapé lors de sa toute première relation sexuelle.

Julie a besoin de briser son isolement et de normaliser ses réactions émotionnelles et sexuelles face au diagnostic.  Cela demande de l’écoute et de l’empathie. Le rôle du professionnel de la santé est d’informer, de rassurer, de démystifier l’affection pour finalement assurer une prise en charge de l’herpès, mais aussi dans le but de permettre aux personnes affectées de retrouver une vie sexuelle active et épanouissante.

Voici donc des ressources aidantes pour mieux comprendre l’affection et surtout, mieux vivre avec :

www.herpeshealth.com/French/index.aspx

www.monpetitbobo.wordpress.com : ce blogue de trois filles sympathiques fait un bien immense aux gens qui sont affectés par l’herpès. Elles racontent leur vécu, dédramatisent l’importance de ce «petit bobo» et donnent des trucs pour bien vivre avec.

www.herpesalliance.org


Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.