Posts Tagged 'Abus sexuel'

La sexualité compulsive

Excellentes vidéos démystifiant la problématique de la dépendance sexuelle. À l’aide d’un témoignage, nous pouvons mieux comprendre le cycle de la dépendance, ses racines ainsi que le phénomène de l’escalade qui y est associée.

 

 

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Ce qui est bon pour minou, est bon pour pitou : Même justice pour les femmes qui abusent sexuellement des adolescents

Selon une série d’articles de Christiane Desjardins paru dans La Presse depuis le 30 août 2011, une enseignante de l’école secondaire de Rosemère, qui avait à l’époque 32 ans, aurait agressé sexuellement un de ses élèves alors âgé de 15 ans. Selon les informations dévoilées en cour, cette enseignante aurait eu plus de deux cent relations sexuelles avec cet élève entre 2002 et 2004. Il a décidé de porter plainte en 2008, suite à une psychothérapie.

J’entends toutes sortes d’idées préconçues sur les abus sexuels commis par des femmes, sur des adolescents :

  • Il a certainement aimé ça
  • Est-ce vraiment un abus ?
  • De quoi se plaint-il, j’aurais aimé être initié par une femme d’expérience !
  • Elle devait être perturbée, très seule ou dépressive
  • Elle devait l’aimer pour agir ainsi
  • Leur amour était plus fort que la raison

Qu’on se le dise une fois pour toutes. Un abus sexuel sur un mineur, qu’il soit commis par un homme ou par une femme, c’est un ABUS ! C’est un abus de confiance et d’autorité que d’entreprendre une relation de cet ordre avec un mineur, même si on est une femme !  J’en ai assez qu’on minimise la responsabilité des femmes dans les crimes en lien avec les enfants. Je déplore cette mentalité de la femme, cette sacro-sainte qu’on ne peut toucher lorsqu’il s’agit des enfants. Ou bien, la mentalité qu’une femme ne peut agir ainsi que par amour, lorsqu’il s’agit d’abus sexuel. Il existe bel et bien des femmes abusives  et inadéquates avec les enfants. Ce qui est bon pour minou, est aussi bon pour pitou. Pour les mêmes gestes, les femmes devraient avoir le même traitement en justice que celui des hommes. J’en ai assez aussi qu’on minimise l’impact des abus sexuels chez les garçons lorsqu’ils sont en plein éveil sexuel.  Les adolescents sont en cours de développement, donc vulnérables. Les garçons ont eux aussi, des conséquences négatives à l’abus sexuel. Ils vivent souvent avec un sentiment de trahison, avec la colère, la tristesse, la confusion, la honte, la culpabilité ainsi que la méfiance. À ceux qui banalisent la situation, si c’était votre garçon qui traversait cette situation, auriez-vous la même façon de voir ?

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201109/02/01-4431079-proces-de-tania-pontbriand-apres-la-passion-le-desespoir.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4430063_article_POS1

Les abus sexuels et le pardon

Lorsque j’accompagne des personnes dans le processus de guérison d’un abus sexuel vécu en enfance, une question vient indubitablement sur la table: le pardon n’est-il pas nécessaire pour guérir des abus ? C’est en effet, ce que prêche notre morale judéo-chrétienne. Pardonner ouvre la porte à la délivrance émotionnelle, à la libération de tous les maux.

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord définir ce que pardonner implique vraiment pour les victimes d’abus sexuels. Je vous présente donc la définition :

  • Pardonner : renoncer à punir une faute, à se venger d’une offense ; avoir de l’indulgence pour excuser ; accepter sans dépit, sans jalousie.
  • Pardonner à quelqu’un : cesser d’entretenir à son égard de la rancune ou de l’hostilité pour ses fautes.

Il y a donc deux éléments importants dans le pardon. Le premier implique un abandon de la colère et du blâme envers l’abuseur ainsi qu’une capacité à excuser le mal qu’il a fait. Le deuxième élément consiste à ne plus rechercher compensation ou réparation pour le mal qui a été fait. Cette compensation peut être entre autres, une poursuite en justice, une reconnaissance de culpabilité par l’abuseur ou une compensation financière.

Il est vrai qu’il faut abandonner un jour ou l’autre le désir d’obtenir quoi que ce soit de la part de l’abuseur. On peut se sentir trappé en recherchant la reconnaissance d’une personne qui ne nous a jamais pris en considération.  Il est important d’en arriver à se centrer sur soi-même et son bien être peut importe ce qu’il advient de ce dernier.

Il est vrai aussi que développer de la compassion pour les autres est un sentiment agréable. On y retrouve un sentiment de liberté. La colère et la rage se dissipent. Mais cet état ne peut se programmer, ni se forcer. Il n’est pas non plus l’objectif final ou ultime d’un processus de guérison. Ce n’est pas tous les survivants d’abus qui arrivent au pardon et à la compassion. Dépendant de l’intensité des abus, ce peut même être inapproprié de le faire.

Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une offense de suggérer à une victime d’abus de pardonner. Cette exigence implique une complète négation de son expérience et de ses sentiments. Cette insinuation est souvent proposée par les proches qui vivent mal avec les conséquences de l’abus sexuel. Ils ont du mal aussi à composer avec les émotions de colère, de rage et de tristesse chez la victime. À titre d’exemple, je me souviens d’une cliente qui recevait des appels de ses frères et soeurs afin qu’elle pardonne les abus de son beau-père ( de 4 à 14 ans ! ) pour enfin avoir la chance de faire une réunion familiale.

Pour réussir son processus de guérison, la seule personne qu’une victime d’abus sexuel doit impérativement pardonner, c’est elle-même. Tout le processus de recouvrance dépend de cette capacité à se pardonner. En effet, la victime doit développer de la compassion envers l’enfant qu’elle était et qui était dans le besoin. Elle doit également pardonner à son corps d’avoir peut-être répondu aux touchers. Elle doit apprendre à valoriser l’enfant qui tentait à sa façon, d’éviter ces abus. La survivante doit non seulement développer de la compassion pour sa vie en tant qu’enfant, mais également pour sa vie en tant qu’adulte.  Une vie adulte teintée par les limites et les difficultés causées par le vécu abusif. Selon moi, il n’y a que cette démarche de pardon qui est essentielle à la guérison. Une fois cette compassion développée, elle peut plus facilement se déployer envers les autres.

Finalement, si le pardon «divin» existe bel et bien, il revient avant tout à Dieu de le donner… pas aux victimes. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Référence: Ellen Bass, Laura Davis. The courage to heal. Harper & Row Publishers New-York. 1988

Affaire DSK: abus sexuel ou abus de pouvoir ?

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a été inculpé « d’agression sexuelle, de séquestration de personne et de tentative de viol », provoquant un véritable séisme politique en France. Les faits qui lui sont reprochés se seraient déroulés avec une femme de chambre de l’hôtel Sofitel. Elle serait entrée dans la suite du président du FMI pour la nettoyer, quand celui-ci « serait sorti complètement nu de la salle de bain et aurait tenté de l’agresser sexuellement ». Selon les dires de la femme, il l’aurait empoignée et l’aurait forcée à entrer dans la chambre à coucher, puis aurait verrouillé la porte. Il l’aurait traînée dans la salle de bain où il l’aurait agressée sexuellement. Il l’aurait contrainte à lui faire une fellation. L’employée, âgée de 32 ans, serait parvenue à s’échapper, prévenant des collègues et appelant immédiatement le 911.

Depuis ce scandale, plusieurs parlent de la sexualité de cet homme et le décrivent comme un séducteur invétéré qui a perdu la maîtrise de sa vie… Qu’on se le dise: L’agression sexuelle est avant tout un abus de pouvoir. Il n’a rien à voir avec la sexualité du séducteur qui lui, est stimulé par la conquête et l’effet enivrant de l’amour naissant.

L’agression sexuelle est une façon d’imposer son pouvoir et son contrôle sur l’autre. Il fait référence au mépris, ainsi qu’à une perception négative des femmes. Le sexe devient une arme pour contrôler et dégrader l’autre. Dans le cas de DSK, il me semble évident qu’à 62 ans, il ne peut être victime de ses pulsions sexuelles, mais plutôt «victime» de son pouvoir qui lui a fait croire qu’il pouvait être au dessus des lois ou au dessus de tout soupçons.


Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.