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La séparation: comment éviter de piéger les enfants

Quelle qu’en soit la cause, la séparation entraîne avec elle une gamme d’émotions intenses. Il est tout à fait normal d’éprouver des sentiments de tristesse, de colère, d’être déprimé et confus suite à celle-ci. Le vide laissé par la rupture peut entraîner plusieurs réactions difficiles à gérer ainsi qu’une profonde désorganisation.

Lorsque des enfants sont impliqués dans la séparation, les émotions et les blessures vécues peuvent entraver la communication et la collaboration entre les parents par rapport à ces derniers. Il est important de tenter de les protéger dans cette tempête d’émotions et de changements. La séparation est un changement important pour l’enfant, mais les querelles, les guerres et les luttes de pouvoir sont beaucoup plus destructrices pour lui que la séparation en elle-même.

Voici donc les pièges malsains à éviter avec vos enfants si vous vivez une séparation :

L’enfant-messager : « Tu diras à ton père de me payer la pension !»

L’enfant se retrouve déchiré entre ses deux parents et bien placé pour recevoir l’agressivité et la colère de part et d’autre. Dites-vous bien que la colère que vous avez ou que vous redoutez chez  l’autre, c’est votre enfant qui la recevra.

L’enfant-espion : «Est-ce que ta mère est sortie ? Avec qui ?»

Questionner votre enfant sur la vie intime de l’autre démontre que vous n’avez pas fait le deuil de votre relation. Ce type de question place l’enfant dans un conflit de loyauté. Soit il vous déplaît en ne répondant pas, soit il devient déloyal envers son autre parent s’il vous parle. Votre enfant se sent perdant à tous les niveaux.

L’enfant-témoin : «Regarde comment ton père me traite. Tu as vu ce qu’il m’a fait ?»

En dénigrant l’autre parent pour vous valoriser, vous forcez l’enfant à choisir entre deux parents qu’il aime. De plus, s’il s’identifie au parent que vous dénigrez, il se jugera aussi mauvais que l’évaluation que vous en faites. Cette attitude est fréquente lorsqu’un parent est insécure vis-à-vis de l’amour que son enfant lui porte. La peur que l’enfant préfère l’autre foyer peut l’inciter à agir de la sorte.

L’enfant-béquille : «Je ne sais pas ce que je ferais sans toi»

Il faut éviter de s’appuyer sur l’enfant. C’est lui qui a besoin de compter sur vous pour faire face aux changements que provoque la séparation. De plus, devenir l’univers de son parent peut devenir étouffant pour un enfant.

L’enfant-bouc émissaire : «C’est de ta faute si je ne peux refaire ma vie»

Votre enfant peut réagir à l’arrivée d’une nouvelle personne dans votre vie. Il peut tenter de l’éloigner par peur de vous perdre. Rappelez-vous que vous ne pouvez rendre votre enfant responsable de situations qui vous appartiennent. Vous êtes l’adulte qui se sépare et qui refait sa vie. L’enfant tente de s’adapter à vos décisions.

L’enfant adulte : «Tu remplaces ton père, tu es un homme maintenant»

Il est normal de centrer notre affection sur nos enfants au début de la séparation. Par contre, il faut éviter de les étouffer et de les rendre responsable de notre bonheur. La place du conjoint perdu ne peut être remplacée par l’enfant.

L’enfant-monnaie d’échange : «Je veux la garde partagée pour ne pas payer de pension»

Garder un enfant avec soi pour des raisons financières a un impact sur son développement. L’enfant ressentira votre manque de disponibilité ou votre manque d’intérêt. Il est bon de revoir vos motivations.

L’enfant-confident : «Je suis tellement triste de la séparation, comment vais-je m’en sortir»

Le rôle d’un parent consiste à écouter et apaiser les peines de son enfant, pas l’inverse. Pour bien se développer, un enfant a besoin de pouvoir s’appuyer sur son parent en cas de besoin. Vous êtes sa sécurité. Vous pouvez montrer vos émotions, mais évitez de lui donner la responsabilité de les changer.

L’enfant-otage : «Tu peux dire adieu à ton enfant si cet homme entre dans la maison»

Parfois la souffrance engendre un désir de contrôle et de vengeance qui aveugle le bon jugement. Rien ne mérite de priver un enfant de son parent (à moins de mauvais traitements). L’enfant se retrouve la victime éternelle de cette lutte de pouvoir entre parents.

Finalement, le deuil de la personne aimée et de la vie familiale n’est pas de tout repos. Un des meilleurs gages de réussite est la présence d’un bon réseau de soutien. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide auprès de vos proches ou auprès de professionnels afin de protéger le plus possible vos enfants qui ne sont pas responsables de ce qui arrive.  Être bien entouré vous permettra aussi de retrouver votre équilibre plus rapidement.

Référence : Du nouvel amour à la famille recomposée, la grande traversée, de Gisèle Larouche, Éditions de l’homme.

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Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.