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Le Kamasutra chez les aînés

Charmante publicité qui circule en ce moment pour informer les aînés de l’augmentation de la propagation des ITS depuis quelques années dans leur groupe d’âge. Malheureusement, cette publicité choque certaines personnes. La raison est bien simple, le mythe comme quoi les personnes âgées n’ont plus de sexualité est encore bien présent dans les mentalités!

Pour ma part, je trouve cette publicité très amusante et éclairante. Le message est clair et efficace.

À vous de juger !

Les professionnels de la santé à l’origine de cette publicité ont également un site internet pour les aînés (qui le font encore/still doing it !!!!!)  et qui désirent obtenir de l’information pertinente.  safersex4seniors.org

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Propagation et banalisation des ITS

Excellente analyse des causes de la banalisation et de la propagation des infections transmissibles sexuellement par le Docteur Steben. (Cliquez sur la photo pour être redirigé)

Jeu questionnaire intéressant pour évaluer vos connaissances sur les ITSS. (Cliquez sur la photo pour être redirigé)

L’herpès génital, le «petit bobo» à grand impact

Julie, 23 ans, arrive dans mon bureau suite au diagnostic de l’herpès génital de type 1. Elle vit beaucoup d’anxiété, de tristesse et d’incompréhension par rapport à la maladie. Elle a de bonnes raisons d’être confuse puisqu’elle l’a attrapé de son copain qui n’avait aucune idée qu’il avait ce virus. Il n’a jamais eu de feux sauvages de sa vie, ni de boutons aux organes génitaux. Il est donc porteur du virus, mais asymptomatique.

Julie a vu 2 médecins ainsi qu’une psychologue depuis son diagnostic, il y a une semaine. C’est pour vous dire comment ce virus «innofensif» entraîne de gros bouleversements pour la personne qui l’attrape.  Elle a reçu de l’information technique (quoi que confuse), mais se trouve toujours aux prises avec une détresse émotionnelle qui l’affecte dans sa vie personnelle et amoureuse.

L’annonce du diagnostic de l’herpès génital entraîne une panoplie d’émotions telles que la tristesse, la honte, la colère, une diminution de l’estime de soi ainsi qu’une image corporelle négative. Plusieurs en viennent à éprouver du dégoût pour les contacts sexuels par peur de la transmission. Combien de fois ai-je entendu ces affirmations: «Je me sens comme une lépreuse» ou «Je me sens comme un gros bouton»… La personne en vient parfois à penser qu’elle est l’herpès génital.

Il est tout à fait normal de ressentir toutes ces émotions lorsqu’on apprend un tel diagnostic. Malheureusement, l’attitude de certains médecins est déplorable. Ils ont tendance à banaliser la situation étant donné l’aspect «inoffensif» du virus. Non seulement, les médecins ne tiennent pas compte du vécu émotionnel du patient, mais omettent certaines informations nécessaires pour prévenir la transmission du virus.

De plus, certains professionnels de la santé connaissent très peu cette affection et peuvent ajouter à la détresse des personnes qui apprennent à vivre avec le virus. Julie s’est fait dire par la psychologue qu’elle a rencontrée avant moi:  «Tu pourras toujours rencontrer un homme qui a la même affection que toi le jour où tu te retrouveras célibataire…». Comme si les gens aux prises avec l’herpès génital étaient voués à s’isoler entre eux. Plusieurs professionnels provoquent encore aujourd’hui, la stigmatisation des gens qui en souffrent. Dites vous bien que n’importe qui peut attraper l’herpès génital. Je me souviens d’une jeune femme venue me consulter après l’avoir attrapé lors de sa toute première relation sexuelle.

Julie a besoin de briser son isolement et de normaliser ses réactions émotionnelles et sexuelles face au diagnostic.  Cela demande de l’écoute et de l’empathie. Le rôle du professionnel de la santé est d’informer, de rassurer, de démystifier l’affection pour finalement assurer une prise en charge de l’herpès, mais aussi dans le but de permettre aux personnes affectées de retrouver une vie sexuelle active et épanouissante.

Voici donc des ressources aidantes pour mieux comprendre l’affection et surtout, mieux vivre avec :

www.herpeshealth.com/French/index.aspx

www.monpetitbobo.wordpress.com : ce blogue de trois filles sympathiques fait un bien immense aux gens qui sont affectés par l’herpès. Elles racontent leur vécu, dédramatisent l’importance de ce «petit bobo» et donnent des trucs pour bien vivre avec.

www.herpesalliance.org

Pas besoin d’éducation sexuelle ?

Cette vidéo est un clin d’oeil pour parler de l’annonce du Gouvernement Charest (juin 2011) quant à la réintroduction des cours d’éducation sexuelle dans les écoles. En effet, cet enseignement a été retiré de nos écoles depuis la réforme. Mais les jeunes d’aujourd’hui en ont-ils vraiment besoin ?

Plus que jamais, et ce, pour trois raisons principales:

  1. Toute la communauté médicale s’entend pour dire que la hausse rapide, constante, voire «épidémique» du nombre de Chlamydia, de gonorrhée et de syphilis chez les jeunes est reliée à la disparition des cours d’éducation sexuelle.
  2. La plupart des parents sont d’accord avec l’éducation sexuelle à l’école et admettent qu’il n’est pas toujours facile d’aborder ces sujets avec leurs enfants. Il est essentiel de permettre aux jeunes de recevoir toute l’information dont ils ont besoin et qu’ils n’ont pas envie de recevoir à la maison.
  3. La troisième raison (et non la moindre), est que nos jeunes font leur éducation sexuelle en copiant ce qu’ils voient dans la pornographie et sur Internet. La pornographie représente, à l’heure actuelle, «le modèle» des conduites sexuelles et des comportements masculins et féminins :
  • Les jeunes garçons croient apprendre à connaître le goût des femmes par ce qu’ils voient dans la pornographie.
  • Les filles ressentent la pression de suivre ce modèle de fille toujours prêtes à tout faire.
  • La sexualité est banalisée. La sexualité de groupe est «in», la sodomie est une pratique courante, il est excitant de recevoir le plaisir de son copain au visage, encourager une fille à faire un striptease dans un party c’est cool …
  • La principale préoccupation des jeunes dans cette sexualité est la performance. Suis-je à la hauteur ? Suis-je comme les autres ? Suis-je normal ? Selon vous, les jeunes filles qui « taillent des pipes » à 11 ans le font-elles vraiment par plaisir ? Des garçons de 16 ans qui achètent du Viagra sur le marché noir pour bander plus fort et plus longtemps, c’est une étape normale dans la découverte du plaisir ?

Dans ma pratique auprès de jeunes adultes, je constate un malheureux retour en force de l’inconfort et de la contrainte dans l’apprentissage sexuel.  Une jeune adulte m’a déjà exprimé combien elle avait peur de perdre son copain parce que pour lui, être avec une blonde bisexuelle est essentiel à sa vie sexuelle… Imaginez la pression qu’elle s’est mise sur les épaules pour être aimée…

Comme la chanson du début du billet le mentionne: est-ce qu’aujourd’hui il suffit de s’aimer, de se faire confiance, de se respecter et d’être complice pour découvrir et partager doucement le plaisir des corps ? Est-ce des valeurs véhiculées dans la porno ? J’en doute. C’est pour toutes ces raisons que les cours d’éducation sexuelle sont si importants. Essentiel pour comprendre la mécanique de la sexualité, mais surtout, pour apprendre aux jeunes comment bâtir des relations égalitaires entre hommes et femmes.

Et les rapports égalitaires, c’est certainement pas dans la porno qu’ils vont l’apprendre….

Référence: Jocelyne Robert. Le sexe en mal d’amour: de la révolution sexuelle à la régression érotique.  Les éditions de l’homme. 2005

Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.