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Les 3 ingrédients de base d’une vie de couple heureuse

Je viens de lire les statistiques sur la vie de couple. Elles sont assez préoccupantes…

  • La probabilité de séparation des couples mariés depuis les années 70 est de 50%, ceux mariés depuis les années 1990 est de 67%.
  • Les couples en famille reconstituées ont 10% de plus de probabilité de se séparer que ceux dans une première union.
  • Parmi les couples qui décident de rester ensemble, 50% ont le sentiment de se supporter pendant des décennies.
  • Il reste donc 15 à 20 % de couples véritablement heureux à long terme.

Plusieurs facteurs peuvent aider à expliquer cette situation. Tout d’abord, la pratique religieuse ayant diminuée, les gens se donnent maintenant le droit à la séparation et au divorce. Ils n’ont plus la pression qu’imposait autrefois les valeurs religieuses. Deuxièmement, l’autonomie financière des femmes peut expliquer en partie  l’augmentation des divorces et  des séparations. En effet, 65 à 80% des séparations sont initiées par des femmes.  En pouvant maintenant assurer leur subsistance seules, elles deviennent plus libres de choisir le mode de vie qui leur convient.

Finalement, la société a bien changé depuis 30-40 ans. Nous nageons actuellement dans une société où l’individualisme et la consommation prédominent. Le couple s’est transformé en structure avant tout émotionnelle qui doit permettre le bien-être personnel ou mieux encore, l’accomplissement personnel. Le couple est devenu «la condition au bonheur». Il nous faut à tout prix réussir notre vie conjugale pour parvenir à réussir sa vie. L’amour est devenu une performance et la vie de couple est son résultat. Dans ces conditions, les crises de la vie de couple sont perçues comme anormales et aliénantes. Plutôt que de traverser les tempêtes, les couples qui désirent préserver leur objectif de réussite sont tentés de quitter leur relation. On est donc dans une mentalité du «jeter après usage».

Mais qu’est-ce que les couples heureux font de différent qui les aident à traverser le temps ? Comment faire pour ne pas faire partie de ces sombres statistiques ?

En fait, on retrouve chez les couples heureux à long terme, trois caractéristiques de base très importantes :

  1. Les membres du couple ont une profonde amitié l’un envers l’autre. Ils ont beaucoup d’affection, de sympathie et de respect l’un pour l’autre. Les partenaires ont une bonne connaissance de chacuns d’eux (goûts, rêves, besoins et attentes) et ils ont un plaisir certain à se retrouver ensemble.
  2. Ils ont un «compte de banque émotif» positif. Ce compte en banque se garnit entre autre par l’expression quotidienne de messages positifs par chacun des partenaires.  Il se garnit également par des marques d’affection et des marques d’attention régulières.  Celles-ci peuvent être très simples. En ayant un compte en banque émotif bien rempli, les situations conflictuelles se vivent plus facilement. Les couples ont plus de tolérance et moins de  remises en question lors de problèmes. Le conflit représente un simple retrait dans l’épargne accumulée.  Par contre, si notre compte en banque émotif est pauvre, chaque conflit a un impact important sur le compte en question et peut nous mener rapidement à la faillite.
  3. Les partenaires utilisent des stratégies de désamorçage en prévention et en situation de conflit. Ils mettent en pratique  l’humour, l’écoute et l’humilité.  Ils sont capables de reconnaître les émotions de leur partenaire. Ils désamorçent les bougies d’allumage en reconnaissant leurs torts, en étant capable de s’excuser et de donner raison à leur partenaire.

Une vie de couple satisfaisante à long terme exige d’être attentif à nos besoins et à ceux de notre partenaire. Elle nous demande également d’investir du temps, de l’écoute, de l’empathie et de l’énergie. Un couple, c’est comme une plante… Il faut l’arroser toutes les semaines si on veut qu’elle grandisse…

Si vous désirez approfondir le sujet et en savoir plus sur les outils pour une vie de couple épanouie, voici des suggestions de lecture :

  • Qui sont les couples heureux ? Surmonter les crises et les conflits du couple. Yvon Dallaire. Editions Option Santé. 2006
  • The seven principles for makking a marriage work: A Practical Guide from the Country’s Foremost Relationship Expert. John Gottman Ph. D. Three Rivers Press. 1999.
référence: Yvon Dallaire, Qui sont les couples heureux? Surmonter les crises et les conflits du couple, Éditions Option Santé, 2006
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La séparation: comment éviter de piéger les enfants

Quelle qu’en soit la cause, la séparation entraîne avec elle une gamme d’émotions intenses. Il est tout à fait normal d’éprouver des sentiments de tristesse, de colère, d’être déprimé et confus suite à celle-ci. Le vide laissé par la rupture peut entraîner plusieurs réactions difficiles à gérer ainsi qu’une profonde désorganisation.

Lorsque des enfants sont impliqués dans la séparation, les émotions et les blessures vécues peuvent entraver la communication et la collaboration entre les parents par rapport à ces derniers. Il est important de tenter de les protéger dans cette tempête d’émotions et de changements. La séparation est un changement important pour l’enfant, mais les querelles, les guerres et les luttes de pouvoir sont beaucoup plus destructrices pour lui que la séparation en elle-même.

Voici donc les pièges malsains à éviter avec vos enfants si vous vivez une séparation :

L’enfant-messager : « Tu diras à ton père de me payer la pension !»

L’enfant se retrouve déchiré entre ses deux parents et bien placé pour recevoir l’agressivité et la colère de part et d’autre. Dites-vous bien que la colère que vous avez ou que vous redoutez chez  l’autre, c’est votre enfant qui la recevra.

L’enfant-espion : «Est-ce que ta mère est sortie ? Avec qui ?»

Questionner votre enfant sur la vie intime de l’autre démontre que vous n’avez pas fait le deuil de votre relation. Ce type de question place l’enfant dans un conflit de loyauté. Soit il vous déplaît en ne répondant pas, soit il devient déloyal envers son autre parent s’il vous parle. Votre enfant se sent perdant à tous les niveaux.

L’enfant-témoin : «Regarde comment ton père me traite. Tu as vu ce qu’il m’a fait ?»

En dénigrant l’autre parent pour vous valoriser, vous forcez l’enfant à choisir entre deux parents qu’il aime. De plus, s’il s’identifie au parent que vous dénigrez, il se jugera aussi mauvais que l’évaluation que vous en faites. Cette attitude est fréquente lorsqu’un parent est insécure vis-à-vis de l’amour que son enfant lui porte. La peur que l’enfant préfère l’autre foyer peut l’inciter à agir de la sorte.

L’enfant-béquille : «Je ne sais pas ce que je ferais sans toi»

Il faut éviter de s’appuyer sur l’enfant. C’est lui qui a besoin de compter sur vous pour faire face aux changements que provoque la séparation. De plus, devenir l’univers de son parent peut devenir étouffant pour un enfant.

L’enfant-bouc émissaire : «C’est de ta faute si je ne peux refaire ma vie»

Votre enfant peut réagir à l’arrivée d’une nouvelle personne dans votre vie. Il peut tenter de l’éloigner par peur de vous perdre. Rappelez-vous que vous ne pouvez rendre votre enfant responsable de situations qui vous appartiennent. Vous êtes l’adulte qui se sépare et qui refait sa vie. L’enfant tente de s’adapter à vos décisions.

L’enfant adulte : «Tu remplaces ton père, tu es un homme maintenant»

Il est normal de centrer notre affection sur nos enfants au début de la séparation. Par contre, il faut éviter de les étouffer et de les rendre responsable de notre bonheur. La place du conjoint perdu ne peut être remplacée par l’enfant.

L’enfant-monnaie d’échange : «Je veux la garde partagée pour ne pas payer de pension»

Garder un enfant avec soi pour des raisons financières a un impact sur son développement. L’enfant ressentira votre manque de disponibilité ou votre manque d’intérêt. Il est bon de revoir vos motivations.

L’enfant-confident : «Je suis tellement triste de la séparation, comment vais-je m’en sortir»

Le rôle d’un parent consiste à écouter et apaiser les peines de son enfant, pas l’inverse. Pour bien se développer, un enfant a besoin de pouvoir s’appuyer sur son parent en cas de besoin. Vous êtes sa sécurité. Vous pouvez montrer vos émotions, mais évitez de lui donner la responsabilité de les changer.

L’enfant-otage : «Tu peux dire adieu à ton enfant si cet homme entre dans la maison»

Parfois la souffrance engendre un désir de contrôle et de vengeance qui aveugle le bon jugement. Rien ne mérite de priver un enfant de son parent (à moins de mauvais traitements). L’enfant se retrouve la victime éternelle de cette lutte de pouvoir entre parents.

Finalement, le deuil de la personne aimée et de la vie familiale n’est pas de tout repos. Un des meilleurs gages de réussite est la présence d’un bon réseau de soutien. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide auprès de vos proches ou auprès de professionnels afin de protéger le plus possible vos enfants qui ne sont pas responsables de ce qui arrive.  Être bien entouré vous permettra aussi de retrouver votre équilibre plus rapidement.

Référence : Du nouvel amour à la famille recomposée, la grande traversée, de Gisèle Larouche, Éditions de l’homme.


Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.