Posts Tagged 'sexualité'

La déroute des féministes

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Comme vous le savez certainement, les réseaux sociaux parlent depuis quelques jours de «la fameuse pub sexiste de la SAQ» et des collants qui y ont été apposés par un groupe de féministes la dénonçant.

J’inviterais les féministes à réviser leur choix de bataille. Dénoncer une pub que je trouve assez jolie et à propos avec l’hiver que l’on vient de traverser, me semble complètement «à côté de la plaque».

Je proposerais plutôt aux féministes de regarder dans les magazines d’aujourd’hui, les publicités de produits de beauté,  de jeans ou de bière ou de regarder quelques videoclips… Vous y trouverez suffisamment de matériel où l’on réduit la femme à un objet de désir, un objet de consommation. De l’hypersexualisation à son «meilleur».

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J’inviterais plutôt les féministes d’aujourd’hui ainsi que toutes les femmes, à dénoncer la culture pornographique qui s’immisce, sournoisement et sûrement, dans toute les sphères de notre vie.  Non seulement la pornographie est partout, mais elle est banalisée en plus. Elle transforme peu à peu le rapport égalitaire que nous avons ont tant travaillé à obtenir.

J’observe semaine après semaine les impacts de cette pornographisation des codes sociaux auprès de ma jeune clientèle féminine. Je suis désolée de constater  la misère sexuelle de plusieurs jeunes femmes qui s’exigent aujourd’hui de plaire à leurs hommes au prix de leur propre plaisir… Aujourd’hui, les jeunes femmes sont au prise avec le dictat de «soit sexy, fais bander et tu existeras». Je suis souvent troublée d’entendre certaines jeunes femmes me dirent qu’elles ont peu de désir, sont incapables d’orgasme, mais pratiquent les relations anales. Ou celles qui se sentent obligées de faire l’amour à une femme avec leur copain pour s’assurer l’amour de ce dernier…

La culture du viol chez les jeunes hommes constitue aussi une des conséquences de l’omniprésence de la pornographie et de sa banalisation. Nos jeunes construisent actuellement leur fantasmatique en ayant accès à des scénarios dangereux et dégradants pour les femmes, où l’homme décide et la femme se soumet. Non seulement la femme se soumet-elle à toutes sortes de violences, mais elle les savoure et en redemande! Comment voulez-vous que les jeunes hommes en plein développement, en pleine recherche identitaire sur «c’est quoi un homme, un vrai» soient capables de faire la part des choses…

Alors à tous les dénonciateurs de la pub SAQ dont Québec Solidaire… Petit conseil…Branchez-vous sur le net un peu pour voir…Et dénoncez donc auprès du gouvernement l’absence de cours d’éducation sexuelle auprès de nos adultes en devenir. Peut-être aurons-nous la chance de permettre à ces jeunes de développer un regard critique sur toute cette merde qu’on leur vend et dont on veut les rendre dépendants!

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La prochaine Docteur Ruth !

Je suis complètement émerveillée par cette jeune «Lacigreen» qui parle ouvertement et brillamment de sexualité. Elle est vive, intelligente! Dommage que ses capsules ne soient qu’en anglais. Je vous invite à écouter son point de vue sur la porno et sur le fameux (BOF…) livre:  les 50 nuances de Grey

Le Kamasutra chez les aînés

Charmante publicité qui circule en ce moment pour informer les aînés de l’augmentation de la propagation des ITS depuis quelques années dans leur groupe d’âge. Malheureusement, cette publicité choque certaines personnes. La raison est bien simple, le mythe comme quoi les personnes âgées n’ont plus de sexualité est encore bien présent dans les mentalités!

Pour ma part, je trouve cette publicité très amusante et éclairante. Le message est clair et efficace.

À vous de juger !

Les professionnels de la santé à l’origine de cette publicité ont également un site internet pour les aînés (qui le font encore/still doing it !!!!!)  et qui désirent obtenir de l’information pertinente.  safersex4seniors.org

L’éducation sensuelle pour contrecarrer l’influence du porno chez les jeunes

Je viens de découvrir une très bonne initiative de la part d’un groupe de médecins, sexologues et psychologues européens qui a pour but d’éduquer les jeunes à la sexualité et à l’importance de la sensualité dans les rapports sexuels.

Ils ont produit 7 vidéos éducatifs pour les adolescents, faisant la démonstration que la sexualité passe d’abord par la complicité, la tendresse, le respect de soi et de l’autre. Ces vidéos peuvent être visionnés dès 13-14 ans.

Ce groupe de professionnels a également produit de nombreux clips éducatifs où ils abordent différents sujets qui préoccupent les jeunes, tels que : La séduction, l’amour naissant, la masturbation, ce qu’aiment vraiment les filles, le respect de ses limites et préférences, la peine d’amour…etc

On a besoin de plusieurs autres initiatives comme celle-là pour contrebalancer l’influence de la pornographie dans l’éducation sexuelle de nos jeunes. Elle ne doit plus être la 1ere source d’éducation de nos adolescentes et adolescents.

Le seul bémol de cet outil est lié à la barrière culturelle et linguistique que peuvent ressentir les jeunes.  À quand un projet comme celui là, produit au Québec ? Avons-nous une réelle volonté d’éduquer nos jeunes ? Permettez-moi d’en douter un peu…

Voici le site éducatif pour les adolescents :   www.educationsensuelle.com

Voici le site informatif pour les parents :   www.educationsexuelle.com

Les abus sexuels et le pardon

Lorsque j’accompagne des personnes dans le processus de guérison d’un abus sexuel vécu en enfance, une question vient indubitablement sur la table: le pardon n’est-il pas nécessaire pour guérir des abus ? C’est en effet, ce que prêche notre morale judéo-chrétienne. Pardonner ouvre la porte à la délivrance émotionnelle, à la libération de tous les maux.

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord définir ce que pardonner implique vraiment pour les victimes d’abus sexuels. Je vous présente donc la définition :

  • Pardonner : renoncer à punir une faute, à se venger d’une offense ; avoir de l’indulgence pour excuser ; accepter sans dépit, sans jalousie.
  • Pardonner à quelqu’un : cesser d’entretenir à son égard de la rancune ou de l’hostilité pour ses fautes.

Il y a donc deux éléments importants dans le pardon. Le premier implique un abandon de la colère et du blâme envers l’abuseur ainsi qu’une capacité à excuser le mal qu’il a fait. Le deuxième élément consiste à ne plus rechercher compensation ou réparation pour le mal qui a été fait. Cette compensation peut être entre autres, une poursuite en justice, une reconnaissance de culpabilité par l’abuseur ou une compensation financière.

Il est vrai qu’il faut abandonner un jour ou l’autre le désir d’obtenir quoi que ce soit de la part de l’abuseur. On peut se sentir trappé en recherchant la reconnaissance d’une personne qui ne nous a jamais pris en considération.  Il est important d’en arriver à se centrer sur soi-même et son bien être peut importe ce qu’il advient de ce dernier.

Il est vrai aussi que développer de la compassion pour les autres est un sentiment agréable. On y retrouve un sentiment de liberté. La colère et la rage se dissipent. Mais cet état ne peut se programmer, ni se forcer. Il n’est pas non plus l’objectif final ou ultime d’un processus de guérison. Ce n’est pas tous les survivants d’abus qui arrivent au pardon et à la compassion. Dépendant de l’intensité des abus, ce peut même être inapproprié de le faire.

Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une offense de suggérer à une victime d’abus de pardonner. Cette exigence implique une complète négation de son expérience et de ses sentiments. Cette insinuation est souvent proposée par les proches qui vivent mal avec les conséquences de l’abus sexuel. Ils ont du mal aussi à composer avec les émotions de colère, de rage et de tristesse chez la victime. À titre d’exemple, je me souviens d’une cliente qui recevait des appels de ses frères et soeurs afin qu’elle pardonne les abus de son beau-père ( de 4 à 14 ans ! ) pour enfin avoir la chance de faire une réunion familiale.

Pour réussir son processus de guérison, la seule personne qu’une victime d’abus sexuel doit impérativement pardonner, c’est elle-même. Tout le processus de recouvrance dépend de cette capacité à se pardonner. En effet, la victime doit développer de la compassion envers l’enfant qu’elle était et qui était dans le besoin. Elle doit également pardonner à son corps d’avoir peut-être répondu aux touchers. Elle doit apprendre à valoriser l’enfant qui tentait à sa façon, d’éviter ces abus. La survivante doit non seulement développer de la compassion pour sa vie en tant qu’enfant, mais également pour sa vie en tant qu’adulte.  Une vie adulte teintée par les limites et les difficultés causées par le vécu abusif. Selon moi, il n’y a que cette démarche de pardon qui est essentielle à la guérison. Une fois cette compassion développée, elle peut plus facilement se déployer envers les autres.

Finalement, si le pardon «divin» existe bel et bien, il revient avant tout à Dieu de le donner… pas aux victimes. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Référence: Ellen Bass, Laura Davis. The courage to heal. Harper & Row Publishers New-York. 1988

Une vidéo à voir contre l’homophobie et le harcèlement

Stand Up! – Don’t Stand for Homophobic Bullying

Le harcèlement se nourrit de bien des maux: la jalousie et l’envie, la rivalité,  la peur de perdre ou de se faire dépasser, l’abus de pouvoir et de contrôle. Mais par rapport à l’homosexualité, il se nourrit avant tout du refus de la différence.

L’attirance sexuelle au travail

Actuellement,  pas moins du tiers des couples se crée sur les lieux du travail. Alors qu’auparavant on rencontrait notre communauté et notre âme soeur sur le «perron de l’église», les milieux de travail sont devenus des lieux particulièrement propices à l’éclosion de relations amoureuses ou de relations passagères. Comment expliquer cette réalité ?

Nous passons aujourd’hui beaucoup de temps sur les lieux du travail.  Il n’est pas rare que nous passions plus de temps en compagnie d’un(e) collègue, qu’en compagnie de notre propre famille. Cette proximité favorise le développement de l’attirance sexuelle.

Le partage d’intérêts communs peut également expliquer le développement de cette attirance. En effet, les entreprises d’aujourd’hui utilisent des techniques dans la sélection de leur personnel afin d’embaucher des candidats ayant des caractéristiques précises. Ils recherchent des employés qui possèdent un certain schème de valeurs et une certaine éthique de travail. Les employés se ressemblent davantage qu’auparavant. Dans ce contexte, il est tout à fait compréhensible de développer une attirance pour un(e) collègue lorsqu’il(elle) partage les mêmes passions, les mêmes intérêts ainsi que les même valeurs. Se retrouver jour après jour avec quelqu’un qui est sur la même longueur d’onde, cela peut devenir difficile d’y résister.

Finalement,  partager des objectifs communs et tenter de se dépasser dans un travail d’équipe stimulent l’affiliation. Sentir qu’on fait partie d’un tout, estimer le travail et les compétences de l’autre, recevoir de la reconnaissance pour nos propres compétences et actions, tous ces sentiments donnent envie de se rapprocher. Se sentir compris et apprécié peut éveiller l’attirance sexuelle. Si en plus, on associe ces bons sentiments avec l’érotisation de l’interdit, le désir risque d’être à son comble.  Désirer se rapprocher de l’autre tout en évitant de se faire repérer, cela peut devenir un jeu délicieux !


Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.