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L’herpès génital, le «petit bobo» à grand impact

Julie, 23 ans, arrive dans mon bureau suite au diagnostic de l’herpès génital de type 1. Elle vit beaucoup d’anxiété, de tristesse et d’incompréhension par rapport à la maladie. Elle a de bonnes raisons d’être confuse puisqu’elle l’a attrapé de son copain qui n’avait aucune idée qu’il avait ce virus. Il n’a jamais eu de feux sauvages de sa vie, ni de boutons aux organes génitaux. Il est donc porteur du virus, mais asymptomatique.

Julie a vu 2 médecins ainsi qu’une psychologue depuis son diagnostic, il y a une semaine. C’est pour vous dire comment ce virus «innofensif» entraîne de gros bouleversements pour la personne qui l’attrape.  Elle a reçu de l’information technique (quoi que confuse), mais se trouve toujours aux prises avec une détresse émotionnelle qui l’affecte dans sa vie personnelle et amoureuse.

L’annonce du diagnostic de l’herpès génital entraîne une panoplie d’émotions telles que la tristesse, la honte, la colère, une diminution de l’estime de soi ainsi qu’une image corporelle négative. Plusieurs en viennent à éprouver du dégoût pour les contacts sexuels par peur de la transmission. Combien de fois ai-je entendu ces affirmations: «Je me sens comme une lépreuse» ou «Je me sens comme un gros bouton»… La personne en vient parfois à penser qu’elle est l’herpès génital.

Il est tout à fait normal de ressentir toutes ces émotions lorsqu’on apprend un tel diagnostic. Malheureusement, l’attitude de certains médecins est déplorable. Ils ont tendance à banaliser la situation étant donné l’aspect «inoffensif» du virus. Non seulement, les médecins ne tiennent pas compte du vécu émotionnel du patient, mais omettent certaines informations nécessaires pour prévenir la transmission du virus.

De plus, certains professionnels de la santé connaissent très peu cette affection et peuvent ajouter à la détresse des personnes qui apprennent à vivre avec le virus. Julie s’est fait dire par la psychologue qu’elle a rencontrée avant moi:  «Tu pourras toujours rencontrer un homme qui a la même affection que toi le jour où tu te retrouveras célibataire…». Comme si les gens aux prises avec l’herpès génital étaient voués à s’isoler entre eux. Plusieurs professionnels provoquent encore aujourd’hui, la stigmatisation des gens qui en souffrent. Dites vous bien que n’importe qui peut attraper l’herpès génital. Je me souviens d’une jeune femme venue me consulter après l’avoir attrapé lors de sa toute première relation sexuelle.

Julie a besoin de briser son isolement et de normaliser ses réactions émotionnelles et sexuelles face au diagnostic.  Cela demande de l’écoute et de l’empathie. Le rôle du professionnel de la santé est d’informer, de rassurer, de démystifier l’affection pour finalement assurer une prise en charge de l’herpès, mais aussi dans le but de permettre aux personnes affectées de retrouver une vie sexuelle active et épanouissante.

Voici donc des ressources aidantes pour mieux comprendre l’affection et surtout, mieux vivre avec :

www.herpeshealth.com/French/index.aspx

www.monpetitbobo.wordpress.com : ce blogue de trois filles sympathiques fait un bien immense aux gens qui sont affectés par l’herpès. Elles racontent leur vécu, dédramatisent l’importance de ce «petit bobo» et donnent des trucs pour bien vivre avec.

www.herpesalliance.org

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Qui suis-je ?

Je m'appelle Marie-Josée Drouin et je suis sexologue, psychothérapeute auprès de couples et d'adultes depuis 18 ans.